TL;DR

  • Le motif du « hocker » (figure accroupie) n’est pas une inévitabilité biologique universelle, mais un complexe iconographique hautement spécifique présentant des traits récurrents : animaux flanquants, marques articulaires et fonction apotropaïque.
  • Göbekli Tepe (v. 9500–8000 AEC) fournit un « point zéro » avec une figure féminine accroupie dans le Lion Pillar Building et des objets en os susceptibles d’avoir servi de rhombes.
  • Le motif apparaît dans les bronzes du Luristan, la Potnia Theron grecque, les estampilles étrusques liées à l’accouchement, les linteaux maoris et l’art rupestre aborigène australien — un ensemble trop complexe et spécifique pour être issu d’inventions indépendantes.
  • La théorie du « treillis généalogique » de Carl Schuster et Edmund Carpenter explique le hocker comme un diagramme de l’ascendance, et non comme un portrait.
  • Le rhombe (Tjurunga) a peut-être servi de vecteur portatif pour transmettre ce complexe cultuel du Proche-Orient néolithique vers l’Australie et les Amériques.

1. Introduction : la géométrie de l’ascendance#

L’interprétation de l’iconographie préhistorique s’inscrit dans une tension persistante entre deux pôles épistémologiques : la théorie de l’invention indépendante, souvent résumée par le concept d’Elementargedanken d’Adolf Bastian (idées élémentaires issues d’une unité psychique partagée), et la théorie de la diffusion, qui postule que les formes symboliques complexes et arbitraires ont des origines historiques spécifiques et se déplacent à travers le temps et l’espace par le biais des migrations, du commerce et des interactions culturelles. Dans l’étude du motif du « squatter » ou du « hocker » — une figure représentée de face, accroupie, dans une posture bilatéralement symétrique, les jambes écartées — l’archéologie dominante a largement privilégié la première. La posture accroupie est considérée comme une habitude physiologique humaine universelle, une position naturelle d’accouchement ou une solution artistique simple aux contraintes spatiales, apparue spontanément au Néolithique dans le Proche-Orient, dans l’Europe de l’âge du Fer, dans l’Amérique précolombienne et chez les populations autochtones d’Australie.

Cependant, un steelmanning rigoureux de la perspective diffusionniste révèle que le « hocker » est rarement une représentation générique d’un être humain assis. Il s’agit plutôt d’un complexe iconographique hautement spécifique, standardisé et récurrent, souvent intégré à des animaux flanquants, à des marques articulaires particulières et à des fonctions apotropaïques. Lorsque l’on examine les parallèles morphologiques précis entre la Potnia Theron de la Grèce archaïque, la « Femme héraldique » des bronzes du Luristan, les figures de linteaux Pare des Maoris et les graffitis controversés de Göbekli Tepe, la probabilité d’une convergence indépendante diminue.

Le présent rapport synthétise les données archéologiques du Néolithique précéramique (PPN) d’Anatolie, les données ethnographiques relatives aux populations aborigènes d’Australie et de Mélanésie, ainsi que les cadres théoriques des historiens de l’art Carl Schuster, Edmund Carpenter et Douglas Fraser. Il soutient que le motif du hocker n’est pas une inévitabilité biologique, mais un « fossile culturel » — le vestige d’une « symbolique sociale » paléolithique qui codifiait la généalogie, l’ascendance et la continuité de la vie en un système graphique reproductible, diffusé depuis l’Ancien Monde vers les antipodes et les Amériques.

2. Le point zéro anatolien : Göbekli Tepe et le Néolithique précéramique#

Le site de Göbekli Tepe, dans le sud-est de la Turquie (v. 9500–8000 AEC), sert de repère chronologique à cette analyse. En tant que plus ancien complexe rituel monumental connu, il offre un aperçu de l’univers symbolique du Néolithique précéramique (PPN), période qui aurait, selon toute vraisemblance, produit le « complexe néolithique » de mythes et de motifs qui rayonnerait plus tard à travers l’Eurasie.1

2.1 Le « graffiti » du Lion Pillar Building#

Au cœur de l’argument diffusionniste se trouve une image précise découverte dans le « Lion Pillar Building » (structure F, couche II), daté du PPNB (v. 8800 AEC). Cette structure se distingue par son architecture rectangulaire et par la présence de piliers ornés de reliefs représentant de féroces lions.1 Dans ce contexte, les archéologues ont découvert une dalle de pierre portant le graffito gravé d’une femme nue.4

La figure est représentée d’une manière spécifique et stylisée :

  • Symétrie frontale : la figure fait directement face au spectateur.
  • La posture accroupie : les jambes sont largement écartées, les genoux remontés au niveau du torse, dans une posture classique de hocker.6
  • Accentuation génitale : la vulve est représentée de manière explicite et vraisemblablement agrandie, trait souvent associé aux figures « exhibitrices » destinées à repousser le mal ou à signifier la fertilité.5
  • Anomalie contextuelle : l’iconographie de Göbekli Tepe est très majoritairement masculine ; les piliers représentent des hommes ithyphalliques et des animaux mâles. Cette figure féminine constitue une exception singulière.8

L’interprétation dominante, représentée notamment par Jens Notroff de l’Institut archéologique allemand, classe cette figure parmi les « graffitis », ce qui implique qu’il s’agit d’un ajout non officiel, peut-être gravé dans la pierre longtemps après l’utilisation principale du bâtiment, et donc détaché de la théologie « officielle » du site.5 Cependant, l’argument steelman pose que les « graffitis » représentent souvent la persistance d’une « Petite Tradition » — la religion domestique ou populaire qui opère sous la « Grande Tradition » du sacerdoce. La présence d’une figure féminine accroupie et exhibitrice dans un bâtiment consacré aux lions établit un prototype de la « Femme héraldique » (une femme flanquée de lions ou flanquant des lions) que Douglas Fraser a identifiée comme un marqueur majeur de diffusion dans l’art eurasien ultérieur.9 L’association de la figure féminine au « Lion Pillar » suggère une antériorité néolithique ancienne de la Potnia Theron (« Maîtresse des animaux »), reliant la puissance féminine génératrice au prédateur suprême.3

2.2 La spatule en os : instrument du rhombe ?#

Un second artefact essentiel est un objet en os décoré découvert à Göbekli Tepe, catalogué comme une « spatule ».11 L’objet est gravé de lignes géométriques et de deux formes en T qui imitent les piliers monumentaux du site.12

Bien que la désignation fonctionnelle de « spatule » soit neutre, l’analyse comparative suggère que cet objet pourrait être un rhombe — un instrument aérophone plat que l’on fait tournoyer au bout d’une corde afin de produire un grondement de basse fréquence.13

  • Rituel acoustique : les rhombes sont attestés au Paléolithique européen et sont omniprésents, du point de vue ethnographique, dans les contextes d’initiation masculine, notamment chez les populations aborigènes d’Australie (Tjurunga) et en Mélanésie.10
  • Le symbole en « H » : l’objet en os et plusieurs piliers (notamment le pilier 18) présentent un symbole en « H », parfois encadré par des formes en « C ».14 Les chercheurs Manu Seyfzadeh et Robert Schoch ont soutenu que ce symbole était apparenté à un logogramme de l’écriture hiéroglyphique louvite (utilisée en Anatolie à l’âge du Bronze, des millénaires plus tard), signifiant « Dieu » (Massani) ou « Porte ».14
  • Implication : si la « spatule » est bien un rhombe, et si elle porte le symbole de « Dieu », Göbekli Tepe témoigne d’un « complexe rituel » comprenant le motif du hocker (le graffiti), le rhombe (la spatule) et des logogrammes symboliques spécifiques (le H). La probabilité que ces trois éléments — visuel, acoustique et linguistique — coexistent par hasard est nettement inférieure à celle qu’ils représentent un système culturel cohérent susceptible d’être transmis.

**Tableau 1 : Morphologie comparative du complexe symbolique de Göbekli Tepe#

CaractéristiqueContexte de Göbekli TepeParallèle externe (cible de la diffusion)Implication diffusionniste
Femme accroupie« Graffiti » dans le Lion Pillar Building 4Sheela na gig (Europe) 16 ; Djanggawul (Australie) 17Persistance de la figure féminine apotropaïque « enfantante/exhibitrice ».
Lions flanquantsPiliers du Lion Building (structure F) 1Potnia Theron (Grèce) 18 ; bronzes du Luristan 19Le complexe de la « Femme héraldique » trouve son origine dans la sphère d’interaction du PPN.
Symbole en « H »Boucle de ceinture du pilier 18 ; pilier 28 14Logogramme louvite de « Dieu » 14 ; motif pectoral aborigène 20Survie d’un système logographique désignant la « divinité » ou la « connexion ».
« Spatule » en osCôte gravée de formes en T 11Tjurunga australien ; rhombe papou 10Diffusion d’une technologie acoustique destinée aux rituels d’initiation.

3. La connexion antipodéenne : l’Australie et l’hypothèse « Out of Eurasia »#

Le modèle diffusionniste rencontre son défi le plus rigoureux lorsqu’il s’agit d’expliquer la présence de ces motifs en Australie, continent traditionnellement considéré comme isolé des transformations néolithiques de l’Eurasie. Cependant, certaines anomalies de l’art rupestre de la Terre d’Arnhem et des objets rituels de l’Australie centrale suggèrent un événement de transmission, peut-être au cours de l’Holocène moyen (coïncidant avec l’arrivée du dingo et de nouvelles technologies de l’outillage lithique).

3.1 La controverse autour du motif pectoral du « chaman »#

Un point central du débat est l’identité visuelle entre le symbole en « H » du pilier 28 de Göbekli Tepe et un motif peint sur la poitrine d’un aîné aborigène, documenté par une photographie du XIXe siècle prise par Spencer et Gillen.5

  • Le point de vue sceptique : Notroff rejette cette comparaison comme une convergence superficielle de formes géométriques élémentaires. Il relève que le symbole aborigène représente « deux hommes assis » ou un échange, tandis que le symbole de Göbekli Tepe est un « H » architectural ou abstrait.5
  • Le point de vue steelman : l’argument diffusionniste ne repose pas sur la forme seule, mais sur la sémantique. Dans l’iconographie aborigène, le « H » ou la ligne encadrée représente « deux personnes communiquant » ou un échange de connaissances.20 Göbekli Tepe est interprété comme un lieu de rassemblement, d’échange rituel et de transmission des connaissances entre groupes de chasseurs-cueilleurs.21 Si le symbole dénote la « connexion/l’échange » dans les deux contextes, la correspondance entre forme et fonction est précise. La théorie de la « symbolique sociale » de Carl Schuster pose que la figure du « hocker » elle-même est souvent réduite à des abréviations géométriques — crochets, lignes et points — qui représentent la relation entre les membres d’une parenté plutôt que les individus eux-mêmes.22 Le « H » n’est pas une lettre ; c’est un diagramme de la connexion sociale.

3.2 Yingarna et les sœurs Djanggawul#

Le motif de la « squatteuse » apparaît explicitement dans l’art rupestre de haut statut de la Terre d’Arnhem.

  • Yingarna : la « Mère créatrice », ou Serpent arc-en-ciel, est fréquemment représentée sous une forme anthropomorphe accroupie, les jambes écartées.23 Cette figure est à l’origine de toute vie et porte les « dilly bags » de la culture.24
  • Les sœurs Djanggawul : ces ancêtres de la fertilité occupent une place centrale dans la moitié Dhuwa. Elles sont représentées les jambes écartées, donnant explicitement naissance aux premiers humains.17 Cette imagerie correspond avec une grande fidélité aux « graffitis » de Göbekli Tepe et aux poinçons étrusques représentant l’accouchement 26.
  • Figures Maliwawa : le style d’art rupestre Maliwawa, récemment défini (daté de 6 000 à 9 400 BP), présente de grandes figures humaines naturalistes, souvent dans des compositions « dos à dos ».27 Cette datation correspond à la période néolithique en Eurasie. La figure « dos à dos » constitue un autre schéma généalogique spécifique identifié par Schuster comme marqueur du complexe « hocker », représentant la fission des groupes de parenté.22

3.3 Le rhombe sonore (Tjurunga) comme vecteur#

Le rhombe sonore (Tjurunga ou Churinga) fournit le mécanisme physique de la diffusion. En Australie, ces objets sont littéralement les corps des ancêtres.10 Ils sont souvent gravés des mêmes motifs géométriques (cercles concentriques, pistes, formes en « H ») que ceux que l’on trouve dans le Néolithique du Proche-Orient. Le fait que le rhombe sonore soit utilisé pour l’initiation masculine et soit tabou pour les femmes en Australie, en Mélanésie et dans la Grèce antique (le rhombos) suggère qu’il faisait partie d’un « ensemble cultuel » diffusé de connaissances secrètes et sacrées, qui voyageait parallèlement au système iconographique.10

4. La tapisserie mondiale : Fraser, Schuster et Carpenter#

Pour expliquer la répartition de ces motifs sans recourir à des « archétypes universels », nous devons employer les cadres théoriques de l’histoire de l’art diffusionniste.

4.1 Douglas Fraser et la « Femme héraldique »#

Douglas Fraser a identifié une répartition circum-pacifique de la « Femme héraldique » — un type iconographique précis dans lequel une femme accroupie est flanquée d’animaux symétriques.9 Fraser soutenait que ce motif était trop complexe pour avoir été inventé indépendamment dans autant de lieux. Il a retracé sa diffusion depuis un centre théorique (peut-être la Chine de l’âge du bronze ou le Proche-Orient) jusqu’à :

  • Le Luristan (Iran) : des épingles en bronze de l’âge du fer représentent une « Maîtresse des animaux » tenant deux bêtes.19
  • L’Étrurie (Italie) : des poinçons en céramique de Poggio Colla montrent une femme accroupie en train d’accoucher, parfois flanquée d’animaux, et liée à la tradition de la Potnia Theron.26
  • La Nouvelle-Zélande (Maoris) : les pare (linteaux de porte) présentent une figure féminine centrale (tupuna) aux jambes écartées, flanquée de manaia (monstres).30
  • La côte Nord-Ouest de l’Amérique : la « figure aux jambes écartées » sur les couvertures Chilkat et les poteaux totémiques correspond à ce modèle morphologique.31

4.2 Schuster et Carpenter : le treillis généalogique#

Carl Schuster et Edmund Carpenter ont fourni l’explication structurale profonde. Ils soutenaient que le « hocker » n’est pas un portrait, mais un diagramme de l’ascendance.22

  • Naissance par le genou : ils ont documenté un motif mythologique mondial de la « naissance par le genou » (ou par les articulations), représenté visuellement par des figures hocker reliées membre à membre.22 La posture accroupie constitue la géométrie nécessaire pour permettre aux figures de s’emboîter selon des motifs répétitifs sans fin (un « treillis généalogique »).
  • Marques articulaires : un trait diagnostique essentiel est la « marque articulaire » — le placement d’yeux ou de visages sur les genoux, les coudes et les épaules de la figure. On retrouve ce trait dans l’art de la côte Nord-Ouest (Haida/Tlingit), en Mélanésie et sur le « Hocker de Rosenstock », une sculpture osseuse du Maryland (États-Unis).31 La présence de « marques articulaires » constitue un trait culturel hautement spécifique et arbitraire, qui étaye fortement un modèle diffusionniste plutôt que l’hypothèse d’une invention indépendante.

5. Le volet européen : les Gorgones et les Sheelas#

En Occident, le motif de la femme accroupie a évolué en icônes apotropaïques (protectrices) spécifiques, conservant la fonction de « gardienne » observée dans le symbole en « H ».

5.1 La Gorgone (Méduse)#

La Gorgone grecque archaïque est fréquemment représentée dans la posture du Knielauf — une course agenouillée ou accroupie stylisée qui accentue la présentation frontale.32 Comme la « Femme héraldique », elle est souvent flanquée d’animaux (Pégase et Chrysaor) ou de lions.32 Sa fonction est de repousser le mal (le Gorgoneion). Le parallèle visuel avec la figure du linteau maori — langue proéminente, yeux fixes, posture accroupie — est frappant et fut relevé par les premiers diffusionnistes comme indice d’un lien « pacifico-méditerranéen » via l’Asie.30

5.2 La Sheela na Gig#

La Sheela na gig de la Grande-Bretagne et de l’Irlande médiévales — des sculptures en pierre de femmes nues exhibant leurs organes génitaux — représente une survivance tardive de ce motif.16 Bien que souvent rejetées comme des « grotesques » ou comme des avertissements contre la luxure, leur emplacement au-dessus des portes des églises fait écho à celui de la Gorgone sur les frontons des temples et à celui de la figure maorie sur les linteaux des maisons de réunion.34 Toutes remplissent la fonction de « gardiennes du seuil ». Les graffitis de Göbekli Tepe, situés dans une enceinte rituelle, peuvent être considérés comme l’antécédent connu le plus ancien de cette fonction spécifique de « gardienne du seuil ».10

6. Le « hocker » dans les Amériques : l’os de Rosenstock#

La présence du hocker dans les Amériques constitue un point de données crucial pour une diffusion transocéanique ou circumpolaire. Le Hocker de Rosenstock, une sculpture osseuse découverte dans un contexte sylvicole récent (vers 1460 apr. J.-C.) au Maryland, représente une figure humaine acéphale en posture accroupie, avec des trous percés au niveau des articulations.31

  • Interprétation : tandis que les explications locales se concentrent sur la cosmologie iroquoise, Schuster et Carpenter ont classé cette pièce comme un « hocker généalogique » classique présentant des « marques articulaires ».31
  • Contexte : sa rareté dans la région et ses traits stylistiques spécifiques (les marques articulaires) la relient à la tradition artistique circum-pacifique, ce qui suggère que le motif du « hocker » est entré dans les Amériques soit par le détroit de Béring, soit par des contacts transpacifiques, en transportant le même symbolisme « ancestral » que celui que l’on trouve en Asie et en Océanie.

7. Mécanismes de diffusion : l’« Esprit-fil »#

Comment ce motif a-t-il voyagé ? Le modèle diffusionniste propose qu’il ne s’agissait pas seulement d’une image, mais d’une doctrine qui se diffusait.

  • Le Sutratman : la doctrine de l’« Esprit-fil » (sanskrit sutratman) postule que toute vie est reliée par un fil spirituel.36 La manifestation artistique de cette doctrine est la ligne continue ou le motif de hocker imbriqués que l’on trouve sur les textiles et les poteries.
  • Technologie portative : le motif était porté sur des objets rituels portatifs de grande valeur : rhombes sonores, spatules en os, textiles et tatouages. La « spatule » de Göbekli Tepe 11 et la sculpture osseuse du Maryland 31 démontrent que ces motifs étaient gravés sur de petits objets mobiles, qui pouvaient facilement parcourir des milliers de kilomètres avec un seul porteur.

8. Conclusion : Steelmanning du récit#

L’« hypothèse nulle » de l’invention indépendante repose sur l’hypothèse que la posture « accroupie » est générique. Cependant, les données font apparaître une constellation récurrente et complexe de traits :

  1. Morphologie : symétrie bilatérale + accroupissement + exhibition génitale + animaux flanquants.
  2. Fonction : « gardienne du seuil » apotropaïque + généalogie ancestrale + fertilité.
  3. Technologie : association avec le rhombe sonore (initiation acoustique).

Des piliers calcaires de Göbekli Tepe aux abris sous roche de la Terre d’Arnhem, et des épingles en bronze du Luristan aux linteaux de la Nouvelle-Zélande, la figure « accroupie » apparaît non comme un gribouillage aléatoire, mais comme un symbole cohérent de la force génératrice — la « Grande Mère » qui donne naissance aux ancêtres et garde la porte entre les vivants et les morts. Les graffitis de Göbekli Tepe ne constituent pas une anomalie ; ils sont la « pierre de Rosette » qui relie le Néolithique monumental à la tradition populaire mondiale et persistante de la Femme héraldique.

**Tableaux de données comparatives

**Tableau 2 : matrice des traits de la « Femme héraldique »#

TraitLuristan (Iran)Étrurie (Italie)Maoris (NZ)Côte Nord-Ouest (États-Unis)
Posture accroupieOui 19Oui 26Oui 30Oui 31
Animaux flanquantsLions/Bêtes 19Lions/Oiseaux 26Manaia 30Animaux totémiques 9
Langue proéminenteNonOui (Gorgone) 32Oui 30Oui 9
FonctionRituelle/Ex-votoEx-voto/NaissanceLinteau (Gardienne)Totem/Ancestrale

**Tableau 3 : le symbole en « H » et les parallèles logographiques#

Contexte du symboleForme visuelleSignification proposéeSource
Göbekli Tepe (pilier 18)H encadré par des CDieu / Porte / Connexion14
Hiéroglyphes louvitesMassani (Dieu) / PorteDivinité / Portail14
Art aborigène (Centre)Ligne encadréeDeux hommes assis / Échange20
Tjurunga (Australie)Formes en H / Cercles concentriquesCorps ancestral / Esprit10

Note sur les citations : les citations utilisées dans ce rapport renvoient aux extraits de recherche fournis. Par exemple, 1 renvoie au premier extrait du matériel source fourni.

**Bibliographie#

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